Messieurs, il est temps de crever l’abcès. En 2026, est-on encore vraiment en train de débattre pour savoir si un homme peut porter du rose ? On pensait le sujet enterré depuis belle lurette — d’autant que la dernière Coupe du monde de football nous a abreuvé de crampons rose fluo. Et pourtant, un coup d’œil aux photos de streetstyle suffit pour faire le constat : dans la rue, le rose aux pieds des hommes relève toujours de l’exception.
Bonne nouvelle : mon petit doigt me dit (ou plutôt l’assortiment fraîchement débarqué chez Courir) que la timidité ambiante est sur le point de voler en éclats. Zoom sur cinq paires, taillées autant pour le vestiaire masculin que féminin, qui prouvent que le rose est probablement la teinte la plus en vue de la saison.
Timberland : la mythique Yellow Boot passe au rose gourmand


C’est un monument du workwear et du hip-hop des années 90 que l’on pensait gravé dans la teinte camel pour l’éternité. La célèbre 6-inch Boot de Timberland fait une infidélité à son cuir d’origine pour s’offrir une déclinaison rose affirmée. Qui a décrété que l’arrivée de l’automne devait obligatoirement rimer avec dépression chromatique ?
Le modèle conserve l’intégralité de son ADN : silhouette montante, col noir rembourré, œillets dorés ultra-solides, étiquette en cuir signature et son increvable semelle crantée. Seule différence : une tige rose gourmande qui transforme la botte de chantier en pièce maîtresse de la silhouette. Timberland ne fait pas les choses à moitié et pousse le modèle jusqu’au 46 au rayon homme. Dans la lignée des collaborations très courtisées avec la styliste danoise Veneda Carter — qui avait déjà métallisé la paire avec un manteau d’argent — la marque confirme ce virage mode. Reste une question existentielle : Notorious B.I.G., grand fan de la paire à l’époque, aurait-il validé ce rose ? On aime fermement croire que oui.
Salomon XT-6 : la technicité s’offre une pause pastel
Désormais incontournable sur les étagères de Courir, l’équipementier d’Annecy poursuit sa conquête de la rue en élargissant sa palette. Finis les coloris uniquement pensés pour se fondre dans la caillasse : Salomon assume des teintes nettement plus douces, dans la continuité directe de sa collaboration remarquée avec l’enseigne danoise Naked Copenhagen plus tôt cette année.
Ici, la silhouette fuselée de la reine des sneakers gorpcore s’habille d’un rose pâle traversé par des lignes sombres très contrastées. Le marquage Gore-Tex apposé sur l’avant-pied rappelle que la paire reste une bête de performance imperméable, tandis que la semelle crantée noire vient ancrer l’ensemble avec poigne. Les petites touches de couleur disposées sur la languette parachèvent un modèle issu des archives trail de la marque. Une façon imparable d’affirmer un style ultra-technique sans avoir l’air d’enfiler son équipement de randonnée du dimanche : le genre de paire qui attire tous les regards dans le métro.
Saucony Progrid Omni 9 : l’esthétique Y2K survitaminée
Du côté des spécialistes du running américain, la tentation des teintes acidulées est tout aussi irrésistible. Saucony s’empare de la tendance dad shoe pour lui insuffler un shot d’énergie avec sa Progrid Omni 9, tout droit sortie de l’esthétique des années 2000.
La marque retravaille la tige en mesh d’un rose délicat mais rehaussé de touches néon, habilement tempéré par des empiècements en cuir blanc, noir et gris métallisé. C’est l’option idéale pour ceux qui veulent s’essayer au rose sans basculer dans le total look : le contraste avec les finitions argentées apporte ce côté technique qui fonctionne à tous les coups avec un jean brut ou un pantalon cargo oversize.
ASICS Gel-Cumulus 16 : le running technique monte le son
Pendant très longtemps, la Gel-Cumulus 16 d’ASICS a souffert d’un syndrome typique du vestiaire masculin : l’obligation de ne sortir du moule qu’en noir ou en gris bitume. Il était grand temps de rendre justice à ce monstre de confort.
Alliant une tige respirante en mesh rose et argent à l’amorti Gel iconique de la firme japonaise, cette version basse balance une sacrée dose de fraîcheur sur le bitume. La semelle intermédiaire injectée de rose fluo transforme une chaussure d’entraînement en un statement mode redoutablement efficace. À la fois technique, légère et nostalgique, la paire est prête à avaler les kilomètres sans jamais passer inaperçue.
Nike Air Force 1 : le retour en force de l’icône de la rue
Mon petit doigt me dit que la Air Force 1 s’apprête à signer un retour fracassant au sommet des indispensables de l’hiver. Et le catalyseur de ce come-back n’est autre que cette déclinaison rose.
La paire abandonne son cuir lisse traditionnel pour une tige en daim rose, relevée par un Swoosh blanc immaculé qui vient structurer l’ensemble. Les perforations sur le dessus du pied sont évidemment au rendez-vous, mais le véritable détail qui fait mouche réside dans sa semelle extérieure : une finition translucide teintée de rose qui prolonge la silhouette avec une sobriété folle. C’est propre, c’est texturé, et c’est assurément la porte d’entrée la plus accessible pour quiconque souhaite intégrer le rose à sa rotation quotidienne sans prendre de risque.
En bref, l’argument du « c’est trop dur à porter » ne tient plus une seconde la route : les marques ont dompté la couleur, les matières sont au niveau et les silhouettes n’ont jamais été aussi aiguisées. Pour sauter le pas de la plus belle des manières, sachez que jusqu’au 31 octobre, Courir reverse 100 % des bénéfices de l’achat d’une paire de lacets roses à l’association Ruban Rose. Une initiative parfaite pour afficher concrètement votre soutien à la lutte contre le cancer du sein… Et honnêtement, quoi de mieux qu’une paire de sneakers roses toute neuve pour aller avec ces lacets ?
Article de Julie Boone.








