Le soutien-gorge ne se cache plus : il s’affiche, voyant, fier, et s’impose comme la pièce maîtresse des dernières saisons. Qu’il dépasse subtilement d’un top à la façon de Lila Villeneuve, qu’il soit imprimé à même le tee-shirt comme chez Vaquera ou qu’il se suffise à lui-même en tant que haut chez The Attico, le sous-vêtement investit l’espace public. Plus qu’une simple tendance, c’est le synonyme d’une féminité assumée qui refuse de se dissimuler ; une véritable revendication. Alors, à l’approche de la saison estivale, si on calquait cette tendance sur le traditionnel bikini ?
De la plage au pavé : le maillot comme manifeste
En sortie de plage, le maillot de bain s’émancipe naturellement du sable pour conquérir le bitume, devenant une tenue à part entière. Si l’on peut nouer nonchalamment un paréo par-dessus un micro-bikini, l’idée est avant tout de le laisser déborder volontairement de nos silhouettes estivales. Pour les plus audacieuses, on joue la carte de la transparence — mention spéciale si le maillot adopte des teintes néon ou des reflets métalliques.



Si l’on adoptait déjà le combo « maillot-ville » l’été sans trop y penser, le vestiaire festif pousse le curseur encore plus loin. Les festivals et les rave parties deviennent des terrains de jeu parfaits : là, les barrières tombent et les conventions vestimentaires volent en éclats. C’est l’occasion parfaite de mixer le confort d’un short baggy ultra-loose avec la sensualité d’un top triangle à fines bretelles. Le bonus ? Prendre le soleil en terrasse ou devant un sound-system, sans risquer les marques de bronzage disgracieuses façon cycliste.
Et puisque le soutien-gorge a ouvert la voie à des superpositions inédites, le maillot de bain s’invite lui aussi à l’étage supérieur : il s’enfile désormais au-dessus d’un top. C’est précisément l’inspiration de la marque parisienne Serica — une origine qui dépasse le simple argument marketing, puisque toutes les pièces sont confectionnées artisanalement dans un atelier du XXe arrondissement. La griffe twiste le petit top sans manches en coton blanc en lui superposant un haut de bikini assorti, agrémenté d’un détail bijou façon piercing. Un combo qui sent bon l’été et renverse, mine de rien, les codes du vestiaire traditionnel.
Deux marques émergentes sur lesquelles miser cet été


Pour adopter la tendance sans faire de faux pas, focus sur deux marques en vue qui redéfinissent le swimwear les pieds dans le sable ou sur le pavé :
- Serica : Le label idéal pour celles qui veulent sauter le pas mais hésitent sur le styling. Leur top 2-en-1 pré-assemblé est une entrée en matière accessible. En prime, on fait une bonne action : Serica est une marque parisienne émergente et éco-responsable qui produit ses collections en upcycling à partir de chutes de tissus.
- Cornelia Swimwear : Pensée par la créatrice de contenus Chiara, cette marque navigue entre des inspirations de Biarritz et l’exotisme de Bali, tout en conservant un ADN indéniablement parisien. On craque pour sa nouvelle collection et ses modèles de bralettes plus couvrantes au niveau de la poitrine. Parfaites glissées sous une chemise d’homme grande ouverte, ou associées à une jupe et une paire d’escarpins pointus pour une silhouette de nuit.
Le bikini en ville, ultime symbole d’émancipation ?
L’histoire ne fait que se répéter. En bousculant les conventions, le bikini renoue avec ses origines de pavé dans la mare. Présenté pour la première fois en 1946, le deux-pièces est immédiatement jugé trop scandaleux et interdit sur la plupart des plages européennes. Il faudra attendre les années 1950 et l’audace d’une Brigitte Bardot pour qu’il devienne populaire, bouscule la morale et finisse par rentrer définitivement dans les mœurs.
Aujourd’hui, le bikini décline ses couleurs et ses formes sur les plages du monde entier sans choquer personne. Pourtant, il reste encore majoritairement cantonné au littoral, soumis à une frontière invisible. En s’invitant en plein centre-ville, entre les terrasses de café et les métros, le maillot de bain fait mine de rien l’effet d’une bombe. La preuve que quatre morceaux de tissu ont encore le pouvoir de faire trembler les conventions.
Article de Julie Boone.








