Retourner sur les bancs de l’école le temps d’une soirée, sans pression d’apprentissage ni de résultat ? À Paris, des espaces hybrides et des institutions qu’on fréquente parfois pour toute autre chose réinventent le plaisir d’apprendre, sans notes ni diplômes à la clé. Conférences, cours du soir, rencontres engagées : le savoir devient une expérience choisie, un moment à expérimenter seul·e ou à deux.
Off-Campus, un coffee-shop, une librairie, mais pas seulement
À la fois coffee-shop, librairie et lieu d’apprentissage, Off-Campus brouille volontairement les codes de l’école traditionnelle. Ici, les cours du soir abordent des sujets riches et variés — de Bad Bunny en passant par les sœurs Brontë jusqu’à Dracula — pensés pour un public adulte qui se questionne sur les tendances culturelles. La salle dédiée, limitée à vingt-cinq personnes, favorise une proximité rare entre intervenants et participants, permettant un véritable suivi et des discussions approfondies.


Le décor participe pleinement à l’expérience : cadre feutré, lampes design, banquettes confortables en lieu et place des chaises en bois autrefois si inconfortables. Situé à deux pas de la place de la République, au 18 boulevard Voltaire dans le 11ᵉ arrondissement, Off-Campus s’impose comme un refuge intellectuel, idéal pour transformer un lundi soir morose ou prolonger une après-midi lecture autour d’un café.
Tarif plein : 29 euros la séance.
Tarif réduit : 21 euros la séance pour les moins de 26 ans.
MK2, quand le cinéma devient un espace pour penser
Depuis plusieurs années, la chaîne MK2 étend son rôle bien au-delà de la projection de films. À travers des cycles de conférences aux thématiques très variées, le réseau de cinémas parisiens propose des temps de réflexion collective ancrés dans l’actualité culturelle et sociale. En ce moment, la journaliste Nesrine Slaoui y anime le cycle « Penser l’époque », offrant un espace de dialogue accessible et incarné.



L’un des grands atouts de ces formats réside dans leur politique tarifaire inclusive, avec des prix réduits pour les moins de 26 ans et les demandeurs d’emploi. Une manière de tester sa pensée, d’élargir ses horizons, sans faire un trou dans son porte-monnaie. Prochaine rencontre à noter : le 12 mars, un échange avec Marie Ndiaye autour de la question « Pourquoi les femmes indociles dérangent-elles ? ». Idéal pour découvrir ou re-découvrir l’œuvre de l’autrice multi-récompensée.
À noter que les conférences ont lieu dans différents cinémas MK2 parisiens, selon la programmation.
L’institut du monde arabe : une programmation engagée et accessible
Parmi les institutions les plus actives en matière de transmission, l’Institut du monde arabe se distingue par la richesse et la diversité de sa programmation. Tout au long de l’année, le lieu accueille des formats variés, allant des rencontres littéraires aux débats de société, en passant par des échanges autour de thématiques historiques et contemporaines.


Parmi les prochains rendez-vous figurent des rencontres avec le journaliste et écrivain français Ramsès Kefi le 21 février et le poète et diplomate iraqien Chawki Abdelamir le 28 février. Côté débats, l’Institut proposera notamment « Les filles qui sortent au Maroc » le 29 mars, ainsi que « Célébrer les indépendances maghrébines : liesses populaires et légitimation des nouveaux régimes » le 28 mars. En parallèle, des cours d’arabe sont dispensés toute l’année, tous niveaux confondus, pour les enfants comme pour les adultes, y compris dans un cadre professionnel.
1 rue des Fossés Saint-Bernard, 75005 Paris.
Sortir du cadre des expositions au Musée des Arts Décoratifs
Aux Arts Décoratifs, les conférences sont pensées comme un prolongement naturel des expositions en cours. En accès libre (sous réservation), elles sont animées par des chercheurs et des professionnels, offrant un éclairage approfondi sur les thématiques — souvent autour du design, de la mode et du domestique — par le musée. Le format, d’environ une heure trente, inclut systématiquement un temps d’échange avec le public, favorisant une circulation vivante des idées.

Parmi les prochaines conférences, « Être un peu gai : cela est bon pour la santé. Actualités de la santé, du XVIIIᵉ siècle à nos jours », prévue le 19 mars, illustre cette volonté de croiser histoire, société et enjeux contemporains. Les rencontres se tiennent au 107 rue de Rivoli, dans le 1ᵉʳ arrondissement.
Ces lieux dessinent une nouvelle cartographie du savoir à Paris. Loin de toute logique académique, ces espaces réhabilitent l’idée d’un apprentissage continu, profondément ancré dans son époque et ouvert à toutes les réflexions. À vos stylos !
Article de Julie Boone.







