Le printemps parisien ne se passe pas que dans les parcs. En ce mois d’avril 2026, la capitale se transforme en un carrefour où la satire britannique croise le glamour hollywoodien, l’effervescence des podiums africains et le regard brut de la scène américaine. Voici notre sélection pour nourrir votre regard.
L’ironie en technicolor : Martin Parr s’installe au Jeu de Paume

Le photographe britannique, disparu l’année dernière, investit la capitale avec une triple actualité.
Si deux galeries parisiennes lui rendent hommage, le rendez-vous majeur se situe au Jeu de Paume, en plein cœur des Tuileries. Véritable anthropologue du quotidien, Parr a passé sa vie à documenter les frasques du tourisme de masse à travers des clichés aux couleurs acidulées, saturées sous un soleil de plomb. Devant son objectif, le touriste devient une figure presque absurde, coincé entre coup de soleil et quête désespérée du selfie parfait. C’est cette esthétique du ridicule assumé, cette photographie satirique sans concession, qui a fait son succès mondial. Une occasion idéale de rire de nos propres rituels de vacances jusqu’au 24 mai 2026.
Marilyn Monroe à la Cinémathèque : au-delà du mythe, l’actrice


La Cinémathèque française propose une rétrospective nécessaire sur l’icône absolue, disparue prématurément à l’âge de 36 ans. L’idée ici est de gratter le vernis du « phénomène culturel » pour retrouver l’artiste derrière les flashs des paparazzi et le statut de femme fatale. L’exposition se concentre particulièrement sur les années 50, sa décennie la plus prolifique, avec une volonté claire du musée : remettre son jeu d’actrice au centre des débats. En s’éloignant du simple statut de sex-symbol, le parcours nous invite à découvrir une pratique professionnelle souvent relayée au second plan. C’est une invitation à célébrer la star, tout en exposant enfin la véritable actrice, du 8 avril au 24 mai 2026.
Henry Taylor au Musée Picasso : peindre la réalité afro-américaine

C’est l’un des événements majeurs de la saison : la première rétrospective française d’Henry Taylor.
Après avoir conquis le Whitney Museum à New York, cette figure de proue de la peinture américaine contemporaine s’installe dans le Marais pour une exposition conçue avec l’artiste lui-même. Le parcours est singulier : avant de devenir ce peintre dont tout le monde parle, Taylor a été infirmier psychiatrique pendant dix ans, une expérience qui imprègne ses toiles. Son œuvre, peuplée de personnes racisées et de scènes de vie quotidienne aux couleurs vives, interroge les réalités sociales des États-Unis. Soutenue par Louis Vuitton, l’exposition propose une centaine d’œuvres, dont certaines réinterprètent directement Picasso, à découvrir du 8 avril au 6 septembre 2026.
Lagos, Dakar, Johannesburg : la nouvelle cartographie de la mode au Quai Branly

Après un succès retentissant au Victoria and Albert Museum de Londres, l’exposition Africa Fashion fait escale au Quai Branly pour une immersion totale dans la création du continent.
Les vêtements et accessoires contemporains y dialoguent avec des pièces plus confidentielles du musée, mettant en lumière les savoir-faire textiles de créateurs venus de Lagos, Dakar ou Johannesburg. Ce dialogue entre passé et présent souligne l’influence croissante de designers non-européens sur la scène mondiale. Alors que les Fashion Weeks de Lagos ou Dubaï prennent de plus en plus d’importance face au traditionnel « Big Four », cette exposition montre que ces créateurs sont à l’origine de tendances globales. Pour marquer l’événement, le musée organisera une soirée exceptionnelle le 24 avril, mêlant mode, art et musique, avant la clôture prévue le 12 juillet 2026.
American Images à la MEP avec Dana Lixenberg


La Maison Européenne de la Photographie présente American Images, le résultat de trente ans de travail de la photographe néerlandaise Dana Lixenberg. Le casting est impressionnant : de Tupac et Biggie à Ivana Trump ou Lil Kim, des super-stars et des figures anonymes cohabitent avec la même intensité. Ayant déménagé aux États-Unis à la fin des années 80, Lixenberg propose des contre-récits lucides, souvent dépourvus de détails contextuels. Ses portraits, souvent pris en quelques minutes, forcent le spectateur à un face-à-face brut avec le sujet. Cette approche résonne tout particulièrement avec notre actualité saturée d’images, offrant un regard distancié mais profond sur la société américaine. Jusqu’au 24 mai 2026.
Article de Julie Boone.








